LE GOLEM CHEZ MARVEL :
DU PAYS DES NÉBULEUSES À LA PIERRE
VIVANTE DE STRANGE TALES
Quand on feuillete les catalogues d'anciennes séries US du début des années 70, on tombe parfois sur des pépites bizarres où le monstre classique vient télescoper la dynamique super-héroïque. C'est exactement le cas dans The Incredible Hulk #133 et #134 (décembre 1970), un dyptique signé par le tandem Roy Thomas et Herb Trimpe qui va marquer les esprits.
Une escale européenne sous le signe du folklore
Tout commence quand Hulk, en cavale permanente, atterrit dans une principauté d'Europe de l'Est. Thomas, féru de mythologie et de fantastique victorien, en profite pour injecter une bonne dose de légendes médiévales dans le quotidien du Titan Vert. Le prétexte ? Faire rencontrer à Hulk la famille d'Isaac, Rebecca et la petite Rachel, des descendants directs d'une lignée liée à la création du Golem de Prague.
Sur la couverture percutante du #134 dessiné par Herb Trimpe, la couleur est annoncée en lettres capitales : « ...IN THE SHADOW OF... THE GOLEM! ». Hulk y gesticule au premier plan tandis qu'une immense ombre de pierre se dresse dans son dos.
L'intrigue ne fait pas dans la dentelle : pas de super-vilain en costume étincelant ici, mais un dictateur local aux allures d'ersatz d'Adolf Hitler.
Roy Thomas et Herb Trimpe s'amusent même à caser un hommage appuyé au Frankenstein de James Whale (1931), avec une séquence où le monstre s'approche timidement d'une fillette au bord d'un étang. Une touche poétique et macabre qui détonne dans les pages de Marvel à l'époque.
De l'ombre de Hulk aux pages de Strange Tales
L'essai marqué dans Hulk ne reste pas sans lendemain. Quatre ans plus tard, alors que Roy Thomas a pris du galon et occupe le poste de rédacteur en chef chez la Maison des Idées, il décide de donner sa propre série au colosse d'argile.
C'est Len Wein au scénario et John Buscema aux crayons qui récupèrent la créature pour lancer la saga dans Strange Tales #174 (juin 1974). Le pitch réactualise le mythe : la statue de pierre animée par les incantations kabbalistiques du XVIe siècle se réveille au XXe siècle pour protéger les innocents contre le démon Kaballa.
Malheureusement, la formule "monstre de pierre" peine à s'imposer face à l'émergence de nouveaux héros plus cosmiques. Le Golem ne tiendra la vedette que pendant trois numéros (Strange Tales #174, #176 et #177), avant de se faire couper l'herbe sous le pied par l'arrivée fracassante du Warlock de Jim Starlin au #178.
Le mot de la fin dans Marvel Two-In-One
Il faudra attendre 1975 et le travail de Bill Mantlo dans Marvel Two-In-One #11 pour voir les trames narratives laissées en suspens trouver enfin leur conclusion. Dans cet épisode mémorable, le Golem fait équipe avec Ben Grimm (La Chose), scellant ainsi le destin de cette créature d'argile dans le grand chaudron du paysage Marvel des seventies.
Un galop d'essai court mais marquant, typique de cette époque bénie où les auteurs injectaient du fantastique gothique au cœur des publications grand public.









Magnifique , merci Anacho.
RépondreSupprimerMerci Anacho .. très belle compilation...!
RépondreSupprimerMERCI !
RépondreSupprimerSuper merci Anacho....!
RépondreSupprimerMerci Anacho, je me me disais bien que je les avais lu, ils sont dans les intégrales Paninis sauf Stranges Tales 174 à177
RépondreSupprimerqui est dans l'omnibus Marvel Horror que je ne connais pas. Super Travail
Merci Anacho pour cette nouvelle compilation.
RépondreSupprimerMerci Anacho.
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