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mercredi 17 juin 2026

SPATIAL N°6

 


Spatial N°6 : Entre marécages hostiles, samouraïs et ombres gothiques !

Grâce au scanner cosmique de KRAVEN64, nous franchissons aujourd'hui le cap du sixième numéro de la revue Spatial. Publié par les Éditions Michel Deligne à la fin des années 70, ce numéro s'impose comme l'un des plus denses sur le plan graphique.

Pas d'affiches de cinéma au programme cette fois, mais un déferlement d'univers d'une liberté totale, oscillant entre noirceur gothique, humour spatial et dystopie urbaine.

Acte I : Une couverture de marécage et un sommaire d'outre-tombe

Dès l'ouverture, le ton est donné. La magnifique couverture signée Jean-François Charles plonge un couple de rescapés en plein cœur d’un marécage extraterrestre. Entre les racines noueuses, les tentacules à pointes qui jaillissent de l'eau et le pistolet laser dégainé en urgence, c'est de la pure science-fiction d'exploration, moite et dangereuse.



Le voyage se corse dès la page de sommaire, illustrée de main de maître par Crisse. Un étrange fossoyeur ou savant fou au visage grimaçant, coiffé d'un haut-de-forme et armé d'une pioche, nous présente la liste des auteurs devant un château perché sur une colline sous la pleine lune. Une transition parfaite vers le fantastique pur.



Acte II : Les visages de l'aventure, du sauvage au médiéval

Ce numéro 6 explore le thème des grands espaces et des destins singuliers à travers des planches d'une grande puissance visuelle :

  • Laïla, "Fille Sauvage"  : Signée Crisse, cette histoire nous ramène aux âges farouches de la préhistoire. Cette héroïne blonde et fière, lance à la main face à des montagnes escarpées, s’inscrit dans la pure tradition des récits de nature sauvage qui pullulaient à l'époque.



  • L'Île des Maudits : Une superbe ouverture en noir et blanc très contrasté. Une jeune femme s'échoue sur une plage mystérieuse dominée par des monolithes rocheux avant d'être surprise par un guerrier à la hache. Le découpage et la gestion des ombres y sont d'une grande efficacité.



  • Hito le Banni  : Changement radical d'atmosphère avec le travail virtuose de Marc Michetz (crédité Michetz 78). Ce dessin en pleine page d'un rônin, sabre au clair et bébé sur le dos sur fond de soleil levant, annonce la couleur. Le trait à l'encre est d'une précision chirurgicale, préfigurant le goût de l'auteur pour le Japon médiéval.



  • Il était une fois...  : Un récit de Michel Elsdorf qui s'ouvre sur un château isolé en bord de mer. Son style de hachures croisées reconnaissable entre mille donne une texture presque gravée, très sombre et oppressante, à cette alerte au grand danger qui menace le Royaume.



Acte III : Humour spatial, cyberpunk et fin en apothéose

En feuilletant la seconde moitié du magazine, on découvre des facettes encore plus variées et surprenantes :

  • Star Joke  : On retrouve Crisse dans un registre humoristique rafraîchissant avec la première apparition de Star Joke. Les designs de vaisseaux tout en rondeurs et le style "gros nez" très dynamique tranchent joyeusement avec le reste du magazine, prouvant que Spatial savait aussi ne pas se prendre au sérieux.



  • Yen  : Sur un scénario de J.P. Quenez et des dessins d'Antonio Cossu, cette histoire plonge le lecteur dans une dystopie urbaine sombre et poisseuse. Entre caméras de surveillance, flics en armure et agressions dans des ruelles délabrées, on est en plein dans les prémices de la vague cyberpunk des années 80.



Ce numéro 6 est sans doute l'un des plus représentatifs de l'esprit Deligne. En laissant s'entrechoquer la préhistoire de Crisse, le Japon féodal de Michetz, l'humour de Star Joke et la SF corrosive de Solano Lopez (toujours fidèle au poste avec Slot-Barr), Spatial prouve qu'il n'était pas un magazine de genre de plus, mais un véritable laboratoire pour des artistes qui repoussaient les limites de la bande dessinée.

Un immense merci à KRAVEN64 pour ces scans d'une qualité rare

 qui permettent de préserver ce patrimoine !


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dimanche 7 juin 2026

SPATIAL 5

 


Spatial N°5 : L’Apogée du Fantastique et les Adieux de Casque Noir

La collection avance et le ton s'affirme. Dans ce cinquième opus de la revue Spatial, l'éditeur Michel Deligne délaisse les affiches de films pour se concentrer sur l'essence même du magazine : des récits graphiques audacieux et une esthétique qui n'appartient qu'à cette époque charnière.

vendredi 29 mai 2026

SPATIAL N°4

 


Spatial N°4 : 

Entre Slot-Barr et la Guerre des Étoiles !

La saga continue ! Grâce à l'infatigable KRAVEN64, nous plongeons aujourd'hui dans le quatrième numéro de la revue Spatial. On est en 1978, et le magazine des Éditions Michel Deligne commence à trouver son rythme de croisière, naviguant entre érotisme fantastique, récits baroques et actualité cinématographique brûlante.

Attachez vos ceintures, le voyage s'annonce mouvementé.


Acte I : Une couverture qui hurle !

Changement de style radical pour cette couverture. On quitte la finesse de Vance ou Moebius pour un visuel percutant et presque agressif. Un visage d'homme hurle sa rage au premier plan, entouré d'une guerrière dévêtue, d'un monstre cornu rouge sang et d'un dragon vert émeraude.



Le titre en bas de l'image ne laisse aucun doute : c'est l'heure de SLOT-BARR !. La série de Solano Lopez et Ricardo Barreiro est devenue la véritable locomotive du magazine, et ce visuel brut symbolise parfaitement l'énergie de cette BD argentine qui ne s'embarrassait d'aucun tabou.

Acte II : Un sommaire sous haute tension

Le sommaire de ce numéro 4 nous réserve encore de belles pépites graphiques. On y retrouve les habitués, mais avec une touche de noirceur supplémentaire :

Vincent ouvre le bal avec "Ophélie".



Crisse poursuit son exploration de "La Mer des Brumes".



Elsdorf, dont on admire le travail à l'encre de Chine sur la page de sommaire, nous propose "La Porte du Néant". Son style "chaîné" et torturé devient une marque de fabrique du magazine.



On retrouve également Geron et Loxhay pour des récits toujours aussi singuliers.

Acte III : Cinéma culte et "Guerre des Étoiles"

C'est là que ce numéro devient véritablement collector. En fin de revue, Spatial rend hommage au septième art avec trois affiches qui illustrent parfaitement le slogan "d'hier et d'aujourd'hui" 

Le Jour où la Terre s'arrêta (Page 52) : On commence par un monument de la SF "d'hier". Cette affiche vintage (titrée en français et en néerlandais, Belgique oblige !) nous montre le robot géant Gort portant une femme évanouie, sous les tirs impuissants de l'armée. C'est le film culte de 1951 avec Michael Rennie, un pilier du genre qui a sa place d'honneur dans ce numéro.



Flesh Gordon : Une parodie érotico-déjantée de Flash Gordon. L'affiche en noir et blanc présente un héros triomphant entouré de créatures et de vaisseaux au design... particulier. C'est typique de l'esprit irrévérencieux de la revue.


La Guerre des Étoiles : On termine en apothéose avec la mythique affiche de Star Wars (épisode IV). "Que la force soit avec toi", peut-on lire en haut du visuel. À l'époque, personne ne se doutait que Luke, Leia et Dark Vador allaient devenir des icônes mondiales. Voir cette affiche ici rappelle que Spatial était aux premières loges de la révolution culturelle de la SF.






L'anecdote de l'archiviste

Regardez bien le dessin d'Elsdorf sur le sommaire : cette femme enchaînée à un pilier de pierre, parée de bijoux complexes, illustre parfaitement ce que Deligne cherchait à faire. Il ne s'agissait pas seulement de publier de la BD, mais de créer un univers visuel sophistiqué, à la limite de l'art contemporain et du fantasme.

Merci encore à KRAVEN64 pour cet envoi qui nous permet de revivre l'excitation de 1978 !


Et vous, vous êtes plutôt team "Slot-Barr" pour la bagarre ou team "Star Wars" pour la Force ? On attend vos avis en commentaires !


LIEN

Scan KRAVEN64
Merci à lui ! On pense à remercier !!!




 

dimanche 17 mai 2026

SPATIAL N°3

 


Spatial N°3 : Guerrières ailées et Rollerball !

On ne l'arrête plus ! Notre explorateur d'archives favori, KRAVEN64, vient de m'envoyer les scans du troisième opus de la mythique revue Spatial. Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous savez que ce magazine des Éditions Michel Deligne (sous le label Curiosity Magazine) est une véritable capsule temporelle de la fin des années 70.

lundi 11 mai 2026

dimanche 3 mai 2026

SPATIAL N°1

 



Chroniques d’un Futur Oublié : Quand la revue "Spatial" s'invite dans ma boîte mail

Il y a quelques jours, une notification a fait vibrer mon écran. Ce n'était pas une énième newsletter, mais un message de KRAVEN64. En pièce jointe ? Un véritable portail numérique vers une autre dimension.

Grâce à cet envoi de scans précieux, j'ai pu replonger dans une publication mythique de la fin des années 70 : la revue Spatial. Un grand merci à KRAVEN64 pour ce partage, car c’est une immersion fascinante dans l'âge d'or de la SF que je vous propose aujourd'hui. Un voyage temporel exhumé des archives des Éditions Michel Deligne.


Le Choc Visuel (Signé Moebius)



Ouvrir ce fichier, c'est tomber nez à nez avec le génie de Moebius. La couverture du numéro 1 n'est pas une simple illustration, c'est une claque visuelle.

Le titre, "SPATIAL", s'étale en lettres capitales bleues et oranges, annonçant la couleur : "Fantastique et Science Fiction d'hier et d'aujourd'hui". L'image centrale est purement Moebiusienne : une femme à l'expression figée dans un cri, chevauchant une machinerie complexe et organique. À ses pieds, un astronaute semble fusionner avec une carlingue d'acier, le tout baigné dans des tons ocre et rouge sang. C'est brut, détaillé, et absolument magnifique.

Un Bottin Galactique de Légendes

En parcourant le sommaire, on réalise que Spatial était un véritable "Who's Who" de la bande dessinée internationale. On y croise des géants comme :

  • Solano Lopez (le dessinateur argentin de L'Éternaute) avec sa série Slot-Barr.



  • Paape (le créateur de Luc Orient).



  • Crisse, alors à ses débuts, bien avant de devenir une star de l'heroic fantasy.



  • Mais aussi Geron, Devos, Vincent et Sander.

Imprimée à Bruxelles, la revue affichait une ambition folle : mélanger les styles et les époques pour offrir le meilleur de l'imaginaire de l'époque.

La Science-Fiction... Expliquée

Le plus surprenant dans ces pages, c'est le "Résumé de l'Encyclopédie Galactique". Le magazine ne se contentait pas de raconter des histoires, il construisait un univers crédible.



Schémas techniques à l'appui, on y découvre le fonctionnement des "Vaisseaux-tubes" ou les secrets de la navigation intergalactique. On y parle de chambres crioniques et, clin d’œil génial, des "Ruptures de Moebius", ces failles topologiques permettant de traverser le continuum espace-temps. C’est du "world-building" avant l'heure, qui donnait une profondeur scientifique (ou presque !) aux récits.


Le mot de la fin : Une collection courte mais culte

Pour les collectionneurs qui voudraient se lancer dans la quête, sachez que l'aventure Spatial a été brève mais intense. La revue a connu un total de 14 numéros, parus entre 1978 et 1982.

Après un lancement en fanfare (4 numéros dès 1978), le rythme s'est ralenti jusqu'au quatorzième et dernier opus. Tenir ces scans entre mes mains est un privilège : ils témoignent d'une époque où la bande dessinée cherchait sans cesse à repousser les limites de l'exploration spatiale et graphique.

Encore un immense merci à KRAVEN64 pour cette capsule temporelle numérique !

Et vous, avez-vous d'autres pépites de ce genre qui dorment dans vos disques durs ou vos greniers ? N'hésitez pas à me les partager ! 


LIEN
Scan 
Kraven
On pense à remercier !

Pour info, d'autres numéros devraient suivre...