Wallace Wood, la barbarie en clair-obscur
Paru en France en 1980, Conquêtes païennes est un album à part, presque clandestin, qui permet de redécouvrir Wallace “Wally” Wood loin des cadres habituels du comics américain. Ici, pas de super-héros, pas de science-fiction futuriste : Wood plonge dans une heroic fantasy & scifi brutale, mystique et profondément visuelle.
L’album se compose de récits courts, souvent sombres, parfois cruels, toujours chargés d’une atmosphère tragique. Mais ce qui frappe avant tout, c’est le dessin.
Le style de Wally Wood est ici à son apogée :
un noir et blanc dense, sculpté par des contrastes violents, des aplats sombres et une maîtrise absolue de la lumière. Chaque planche respire la matière — pierre, chair, métal — avec une sensualité presque excessive. Les corps sont massifs, héroïques, parfois outrageusement idéalisés, mais toujours lisibles et puissants. Wood dessine la barbarie comme un mythe fondateur, à la fois fascinant et inquiétant.
On sent dans Conquêtes païennes une liberté totale : Wood ne cherche pas la morale, encore moins l’édulcoration. Le païen du titre n’est pas décoratif, il est central : un monde sans rédemption chrétienne, où les dieux sont faillibles, où la violence est un langage, où la beauté côtoie constamment la mort.
Certes, l’album peut sembler inégal — conséquence naturelle de son format anthologique — mais chaque histoire contient au moins une idée forte, une image mémorable, une planche qui claque. Et c’est précisément ce qui fait le charme de l’ensemble : Conquêtes païennes n’est pas un récit lisse, c’est une suite de visions.
Aujourd’hui encore, l’album conserve une aura particulière. Il témoigne d’une époque où la bande dessinée de genre osait être radicale, adulte, sans compromis, portée par des auteurs qui privilégiaient l’impact visuel et émotionnel à toute autre considération.
Conquêtes païennes est moins une lecture confortable qu’une expérience graphique — et pour qui aime la fantasy sombre, les mythes décadents et le dessin classique au sommet de son art, c’est une œuvre à redécouvrir absolument.

MERCI !
RépondreSupprimerMerci beaucoup, Wallace Wood un grand de la BD U.S. Malheureusement des planches sont coupés du coté droit, les voici 6,8,12,14,16,20,38,41,45,49
RépondreSupprimerSalut, oui j'ai vu aussi mais pas.mieux à proposer. Mais ça doit être faisable de rectifier.
SupprimerJ'ai commencé pour tester et c'est possible... Donc je m'en occupe. Et merci à toi pour cette (autre) rareté !
SupprimerMerci Anacho et Aven (verrai l'ouvrage plus tard)
RépondreSupprimerUn très bon album. Merci beaucoup.
RépondreSupprimerMerci Anacho et Aven.
RépondreSupprimerDu Wallace Wood, Génial !!!
RépondreSupprimerGrand merci Anacho et Aven.
Merci Anacho, je l'avais mais même problème que vous et qualité identique, et moi j'avais une page en double en trop, donc je garde le tien
RépondreSupprimerSuperbe opus !!
RépondreSupprimerNe pas oublier aussi "Sally Forth" ;)
Merci Maître A
Merci.
RépondreSupprimerMerci Aven et Anacho, connait pas, mais demande qu'a apprendre. Salut.
RépondreSupprimerJ'avais déjà, également. Je suis assez fan da Wallace Wood. C'est un créateur qui mérite d'être redécouvert. Merci Anacho, pour la démarche.
RépondreSupprimerUn grand merci pour cette découverte 👌
RépondreSupprimerUn grand merci Anacho pour une fois je connaissais
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