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dimanche 4 octobre 2026

Attack - série 2 - 038 - Banzaï - série 2 - 026 - 027 - 028 - Battler Britton - 258 - Commando - 140 - O'Brien - 001

 

BD DE GUERRE EN PETIT FORMAT

Battler Britton, Commando, Attack, Banzaï et O’Brien


Petits formats, récits de guerre et mémoire populaire de l’après-guerre

Présentation. De la fin des années 1950 aux années 1980, les récits de guerre ont occupé une place majeure dans les petits formats vendus en kiosque. La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image décrit le modèle courant comme un périodique mensuel, souvent au format 13 x 18 cm, proposant deux ou trois récits complets en noir et blanc. Elle souligne aussi qu’Impéria et Arédit ont été des acteurs essentiels de ce marché. [1]

Repères en un coup d’œil

Titre

Éditeur

Période

N°

Format

Orientation

Battler Britton

Impéria

1958 à 1986

471

13 x 18 cm

Aviation, Seconde Guerre mondiale

Commando

Artima, puis Arédit

1959 à 1987

311

formats variables, puis 13 x 18 cm

Anthologie de guerre

Attack, 2e série

Impéria

1971 à 1986

181

13 x 18 cm

Anthologie de guerre

Banzaï, 1re série

Arédit

1968 à 1977

91

format digest

Guerre, notamment front du Pacifique

O'Brien

Gemini, groupe SFPI

à partir de 1969

8 répertoriés

petit format

Récits de guerre

Note bibliographique: les chiffres de séries sont recoupés avec le Grand Comics Database. Pour O’Brien, la base recense 8 numéros rattachés à la série de 1969, mais sa fiche d’éditeur indique une plage de publication étendue. J’ai donc retenu la donnée sûre, 8 numéros répertoriés à partir de 1969, sans inventer de date de fin précise. [5] [6] [7] [8] [9]


Battler Britton, Impéria


Éditeur: Impéria

Publication française: 1958 à 1986

Nombre: 471 numéros

Présentation: 13 x 18 cm, intérieur noir et blanc, couverture couleur

Couverture fournie: n°258

Battler Britton est l’un des grands vétérans du petit format de guerre français. D’abord apparu en complément dans Garry en 1957, le héros britannique obtient son propre magazine chez Impéria en 1958. La longévité de 471 numéros témoigne de son implantation durable. Le personnage est un as de l’aviation britannique de la Seconde Guerre mondiale. Le détenteur britannique Rebellion présente encore aujourd’hui Battler Britton comme un classique de la BD aérienne de guerre. [5] [10]

Commando, Artima puis Arédit


Éditeur: Artima, puis Arédit

Publication: 1959 à 1987

Nombre: 311 numéros répertoriés

Présentation: couverture couleur, intérieur noir et blanc

Formats: 17 x 23 cm, puis 11,5 x 17,5 cm, puis 13 x 18 cm

Couverture fournie: n°140

Commando illustre parfaitement la formule de l’anthologie guerrière à récits rapides et spectaculaires. La revue traverse presque trois décennies et plusieurs formats avant de se stabiliser dans le 13 x 18 cm. La Cité internationale rappelle qu’Artima adopte progressivement le petit format avant de poursuivre son activité sous le nom d’Arédit. [1] [6]

Attack, Impéria, 2e série


Éditeur: Impéria

Publication: 1971 à 1986

Nombre: 181 numéros

Présentation: 13 x 18 cm, intérieur noir et blanc, couverture couleur

Couverture fournie: n°38

La couverture fournie appartient à la seconde série d’Attack. Celle-ci compte 181 numéros entre 1971 et 1986. Impéria avait déjà publié une première série Attack de 30 numéros en 1960 et 1961. Le titre fait partie de la forte spécialisation guerrière de l’éditeur lyonnais, qui exploitait alors de nombreuses revues consacrées à la Seconde Guerre mondiale. [2] [7]

Banzaï, Arédit, 1re série


Éditeur: Arédit

Publication: 1968 à 1977

Nombre: 91 numéros

Présentation: format digest, couverture couleur, intérieur noir et blanc

Couverture fournie: n°26

Banzaï est un exemple très parlant du marketing par le genre. Son titre évoque immédiatement la guerre du Pacifique et l’imaginaire militaire japonais. La Cité internationale cite précisément Banzaï parmi les titres dont le nom suffit à annoncer au lecteur la catégorie Guerre. La première série compte 91 numéros de 1968 à 1977. Une autre série portant le même titre sera relancée plus tard chez Arédit, mais elle ne correspond pas à la couverture présentée ici. [1] [8]

O’Brien, Gemini


Éditeur: Éditions Gemini

Groupe: Jean Chapelle, SFPI

Début: 1969

Nombre: 8 numéros répertoriés

Présentation: petit format

Couverture fournie: n°1

O’Brien est le titre le plus rare et le plus bref de cette sélection. Le Grand Comics Database rattache Gemini au groupe éditorial de Jean Chapelle, avec la SFPI et plusieurs autres marques. La base répertorie 8 numéros pour la série commencée en 1969. Un exemplaire du n°7 est documenté comme daté d’octobre 1969, ce qui confirme une diffusion active cette année-là. 

Pourquoi les BD de guerre ont-elles séduit les jeunes d’après-guerre ?

Le succès ne tient pas à une seule cause. Il résulte d’un mélange de mémoire récente, de culture populaire, de format éditorial, de mise en scène héroïque et d’un puissant réservoir de récits étrangers. Les sources institutionnelles permettent d’identifier plusieurs facteurs.

1. La guerre était encore une mémoire familiale immédiate. La Cité internationale explique que, dans les publications sans héros récurrent, le genre pouvait à lui seul déclencher l’achat. Elle précise que cela était particulièrement vrai pour les récits de guerre, car le conflit mondial restait encore présent dans tous les esprits. Pour les jeunes lecteurs des années 1950 et 1960, la guerre appartenait donc à la fois à l’Histoire et aux récits entendus dans les familles. 

2. Le genre réunissait aventure, danger et héroïsme. La Cité internationale, dans son dossier sur la guerre, rappelle que le sujet concentre l’action, le courage, le sacrifice, la fraternité et l’esprit d’aventure. Elle note aussi que la bande dessinée s’adressait longtemps en priorité à un lectorat juvénile et masculin attiré par les faits d’armes. 

3. Le petit format était parfaitement adapté à la lecture populaire. Un mensuel compact, facilement transportable, avec deux ou trois récits complets en noir et blanc, permettait une consommation régulière et immédiate. L’Académie des beaux-arts souligne qu’après 1945, le grand public et les classes populaires lisaient largement ces petits formats, également appelés illustrés de gare. [1] [3]

4. Les couvertures vendaient l’action avant même la lecture. Les couvertures en couleur, souvent très spectaculaires, annonçaient immédiatement le genre. La Cité internationale indique que le dessin de couverture pouvait signaler Guerre, et cite justement Banzaï et Kamikaze comme exemples de titres qui orientaient d’emblée le lecteur. [1]

5. L’offre était abondante et internationale. Les éditeurs français puisaient dans un vaste fonds de bandes dessinées étrangères, notamment britanniques. Cette disponibilité permettait d’alimenter de nombreux mensuels à rythme soutenu. Dans les années 1960, Impéria pouvait dépasser le million d’exemplaires mensuels, tous titres confondus, et publiait à lui seul une dizaine de titres consacrés à la Seconde Guerre mondiale. [2]

6. La loi de 1949 a contribué à encadrer le ton des récits destinés à la jeunesse. La loi française du 16 juillet 1949 soumettait les publications destinées aux enfants et adolescents à une surveillance particulière. Dans sa version historique appliquée de 1954 à 2010, elle interdisait notamment de présenter favorablement le banditisme, le mensonge, le vol, la lâcheté ou des actes criminels. On peut raisonnablement y voir un contexte favorisant des récits à morale très lisible, où bravoure, loyauté, discipline et sacrifice occupaient une place centrale. Il s’agit ici d’une interprétation historique du cadre légal, et non d’une cause unique du succès. 

Regard d’historien

Ces revues ne sont pas des documents historiques au sens strict. Beaucoup privilégient le spectaculaire, simplifient les situations militaires et utilisent des archétypes nationaux aujourd’hui datés. Leur intérêt patrimonial est ailleurs: elles montrent comment plusieurs générations ont imaginé la guerre, l’héroïsme et l’aventure à travers une culture de kiosque de très grande diffusion. Elles permettent aussi de redécouvrir le travail souvent anonyme ou peu crédité de dessinateurs britanniques, italiens, espagnols et français.

Un chiffre résume l’ampleur du phénomène: selon la Cité internationale, Impéria pouvait dépasser un million d’exemplaires par mois, tous titres confondus, dans les années 1960. 

Conclusion 

Battler Britton, Commando, Attack, Banzaï et O’Brien représentent cinq visages de la grande époque des BD de guerre en petit format. Publiées principalement par Impéria, Arédit et Gemini, ces revues ont accompagné plusieurs générations de jeunes lecteurs, de la fin des années 1950 aux années 1980. Couvertures peintes spectaculaires, intérieurs en noir et blanc, récits complets et action immédiate formaient une recette redoutablement efficace. Leur succès s’explique aussi par le contexte de l’après-guerre: la Seconde Guerre mondiale restait très présente dans les mémoires familiales, tandis que l’aventure militaire offrait courage, danger, camaraderie et héroïsme. Aujourd’hui, ces petits formats constituent un véritable patrimoine de la bande dessinée populaire française. 

Sources

Sources institutionnelles et officielles utilisées pour le contexte historique, complétées par le Grand Comics Database pour les numérotations détaillées, car les éditeurs historiques concernés ont disparu et leurs catalogues complets ne sont pas toujours disponibles en ligne.

[1] Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, « petit format ». Consulter la source Définition, histoire des éditeurs, succès des récits de guerre, tirages et logique des couvertures.

[2] Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, « guerre ». Consulter la source Contexte du genre, succès d’Impéria et place des récits guerriers dans la BD populaire.

[3] Académie des beaux-arts, « Une brève histoire de la littérature dessinée ». Consulter la source Place des petits formats dans la culture populaire après 1945.

[4] Légifrance, loi n°49-956 du 16 juillet 1949, version historique. Consulter la source Cadre applicable aux publications principalement destinées à la jeunesse.

[5] Grand Comics Database, Battler Britton. Consulter la source 471 numéros, 1958 à 1986, format et présentation.

[6] Grand Comics Database, Commando. Consulter la source 311 numéros, 1959 à 1987, formats successifs.

[7] Grand Comics Database, Attack, série 1971. Consulter la source 181 numéros, 1971 à 1986.

[8] Grand Comics Database, Banzaï, série 1968. Consulter la source 91 numéros, 1968 à 1977.

[9] Grand Comics Database, Société Française de Presse Illustrée, SFPI. Consulter la source Rattachement de Gemini au groupe Jean Chapelle et référencement d’O’Brien.

[10] Rebellion, Treasury of British Comics, catalogue de droits 2024. Consulter la source Source officielle actuelle pour Battler Britton, présenté comme un as classique de la BD aérienne de guerre.

[11] Le Beau Livre, catalogue, O’Brien n°7. Consulter la source Source secondaire utile pour confirmer le n°7, Gemini, octobre 1969.







N’oubliez pas de remercier… 

Merci à Guymauve et 
Serge de Liège pour ce partage

8 commentaires:

Un petit merci et quelques mots font toujours plaisir, alors ne soyez pas timides ^^