Spatial N°10 : René Brantonne en couverture, le choc de Slot-Barr et les cauchemars de la rétro-fiction !
Grâce aux numérisations toujours aussi soignées de KRAVEN64, nous posons aujourd'hui nos bagages sur le dixième numéro de Spatial. Publié en 1980 par les Éditions Michel Deligne, ce volume marque un jalon remarquable en combinant l'âge d'or de l'illustration de gare française avec les grands récits de science-fiction et de fantastique d'Europe et d'outre-Atlantique.
Acte I : Une couverture légendaire et un sommaire éclectique
Pour ce numéro anniversaire, Michel Deligne frappe un grand coup en proposant une couverture inédite signée par le maître incontesté de la SF française : René Brantonne. Réalisée en 1979, cette œuvre est une réinterprétation magistrale de sa propre illustration pour le mythique numéro 5 de la collection Fleuve Noir (la période Pionnier de l'Atome de Jimmy Guieu). On y retrouve toute l'essence de son génie : un couple d'explorateurs observant une cité futuriste flamboyante sous un ballet de fusées profilées. Un pur chef-d'œuvre de nostalgie rétro-futuriste.
En ouvrant la revue, la page du sommaire donne le ton avec un graphisme percutant. Elle est ornée d'un superbe dessin de vampire aux traits acérés signé par Crisse, tout en annonçant discrètement le retour de la belle Lailai, fille sauvage pour le prochain numéro.
Acte II : Les piliers du sommaire et la puissance des univers
Fidèles à notre habitude, plongeons dans les récits majeurs qui font la force de cette livraison :
Slot-Barr – Chapitre X : La saga incontournable de Ricardo Barreiro et Francisco Solano López atteint une intensité dramatique rare. Ce chapitre s'ouvre sur une magnifique planche en couleurs où notre héros contemple une mystérieuse planète à la texture craquelée. Rongé par la solitude et la lassitude, il est hanté par une lourde responsabilité : féconder et perpétuer son espèce avant de mourir. Le graphisme organique de Solano López est ici à son apogée.
Hito le Banni : Changement radical d'ambiance avec l'œuvre de Marc Michetz. À travers un noir et blanc d'une pureté absolue, l'auteur nous transporte dans le Japon médiéval. L'ouverture, dominée par un majestueux torii de bois et de pierre, pose un décor épuré et poétique où se mêlent l'honneur, l'exil et le silence des paysages asiatiques.
Flash Gordon : La Taupe Mécanique : Le maestro Al Williamson est de retour aux pinceaux pour une aventure inédite en noir et blanc de l'aventurier de Mongo. Le récit s'ouvre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que Flash et Dale Arden rejoignent le laboratoire secret du Dr Zarkov pour découvrir une mystérieuse invention destinée à la sécurité de la Terre. Le trait de Williamson, élégant et classique, reste un régal absolu.
Acte III : Fantastique, récits complets et raretés d'archives
La suite du numéro explore des territoires graphiques et narratifs d'une grande variété :
Dossier Archives U.S.A. – Jet Powers : La revue poursuit son travail patrimonial en exhumant les planches de Jet Powers de l'après-guerre. Ce segment s'ouvre sur un rappel historique saisissant des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki, postulant qu'un métal vivant et diabolique serait né des radiations pour donner vie à une armée de robots menée par le terrible M. Sinn. Un charme rétro indéniable.
Tumak : Le Radeau venu du ciel : Signé Linssen, ce récit complet nous plonge dans une atmosphère préhistorique brumeuse et dense. L'angoisse s'empare d'une tribu lorsque surgit au-dessus des flots une étrange embarcation volante aux formes reptiliennes, annonciatrice de mauvais présages et de l'arrivée de colosses guerriers.
Elbereth Oïg Falkron : Une magnifique parenthèse poétique et colorée signée par un jeune Philippe Berthet. Sa planche s'ouvre sur une place de village enneigée, fourmillante de vie avec ses marchands de ballons et ses bêtes de somme, le tout adossé à de superbes montagnes immaculées. Un style qui s'affirme déjà.
Chroniques des Temps Passés : Signée Piarrech et Caavatch, cette chronique cosmique joue sur des contrastes violents de noir et blanc pour nous conter le mystère du "Magnétron", une entité psychique renfermant les souvenirs et les procès d'un univers carcéral lointain.
Acte IV : Humour noir et bouquet final cauchemardesque
Pour clore les festivités de ce numéro 10, l'ambiance bascule dans l'humour macabre et les visions d'épouvante :
Les Histoires de l'Oncle Bone : Cette série de San Millan met en scène un squelette facétieux et cynique flanqué de compagnons hauts en couleur (comme Chéri-Bibi ou des Jivaros amateurs de basket-tête). L'épisode intitulé Destins Croisés pousse la farce en montrant un sorcier farceur qui, à cause d'une incantation ratée, échange accidentellement les destins d'un bagnard en fuite et d'un pauvre cerf traqué par les chiens.
Le Bal du Rat Mort : Le chef-d'œuvre de Jan Bucquoye et Jean-François Charles s'offre une double présence marquante. On découvre d'abord une splendide planche en couleurs montrant une plage estivale bondée qui bascule soudainement sous un orage biblique et violent. Mais c'est la quatrième de couverture qui marque les esprits : une fresque picturale dantesque intitulée Le Cauchemar du Bal du Rat Mort. Signée Jean-François Charles, cette vision d'apocalypse digne de Jérôme Bosch dépeint une plage hantée par des spectres moyenâgeux, des médecins de la peste, des squelettes et des monstres marins sous un ciel rouge de fin du monde.
Ce numéro 10 de Spatial est un véritable tour de force éditorial. Entre la nostalgie lumineuse de la couverture de René Brantonne et la noirceur apocalyptique de la fresque finale de Jean-François Charles, Michel Deligne prouve une fois de plus que sa revue sait grandir, surprendre et bousculer ses lecteurs.
Un immense merci à KRAVEN64 pour la qualité et la clarté de ces numérisations qui permettent de préserver ce patrimoine inestimable de la bande dessinée !

Ben alors mon copain, on s'est pas révéillé ? MDR Un grand merci
RépondreSupprimerUn grand merci à Kraven64 et à toi
Supprimerlever 06h00 comme tous les matins mais je profite de la relative fraicheur pour arroser etc... Bisous.
SupprimerD'habitude je vois tes posts en pleine nuit et là en arrivant, y'avait rien, je me suis dit il y a un truc bizarre
SupprimerMerci beaucoup, Kraven et Anacho, pour ce numéro 10. Plus que 4, alors ? Super.
RépondreSupprimerMerci beaucoup à kraven64 et Anacho.
RépondreSupprimerMERCI !
RépondreSupprimerGrand merci à kraven64 et à Anacho.
RépondreSupprimerFormidable! merci Kraven!
RépondreSupprimerSuper Merci Kraven64 et Anacho
RépondreSupprimerMerci Kraven64 et Anacho, pour ce N° 10.
RépondreSupprimerArroser à la fraîche, quelle bonne idée tu a Anacho, Casi, n'oublie pas d'arroser tes Boob's, car les vacances sans WIFI c'est galère pour toi, mais que penser de vacances sans Boob's, tu serait malheureux mon poto. MDR
des boobs c'est pas comme le wifi, y'en a partout qui ne demandent qu'à être cueillis
SupprimerJe me marre... Si le tamtam fonctionne là où je vais je tenterai un 'tit message ! A+ les copains !
SupprimerBrantonnissime !! Un "must have" pour les amoureux du Maître de l'illo FN (Fleuve Noir SF)
RépondreSupprimerMerci Kraven64 et Maître A
Bonjour. Merci Kraven64 et Anacho.
RépondreSupprimerUn plaisir fou à lire cette revue... Merci à nouveau Kraven64
RépondreSupprimerBonjour le club et grand merci à a belle équipe "Kraven-Anacho" !
RépondreSupprimer10 fois merci à Kraven et 10 fois à Anacho génial
RépondreSupprimerMerci à Kraven64 et à Anacho.
RépondreSupprimerchang-chi ici:
RépondreSupprimerhttps://bdmagexhumator.blogspot.com/2024/11/les-mains-de-chang-chi-maitre-du-kung.html?sc=1783620571749#c6909807818871773833