Navy, la revue maritime des éditions Impéria
Navy est une revue française de bande dessinée de
guerre au format poche, publiée par les éditions lyonnaises Impéria.
Contrairement à une série classique, elle ne possède pas de héros principal ni
d’intrigue continue. Chaque fascicule propose essentiellement un récit complet
consacré à la guerre navale.
Fiche d’identité
- Éditeur : Impéria, Lyon
- Premier numéro : 10 avril 1963
- Dernier numéro : 25 septembre 1970
- Nombre de fascicules : 179
- Périodicité : bimensuelle
- Format : 13 × 18 cm
- Pagination : 68 pages
- Impression intérieure : principalement en noir et blanc
- Recueils : 22 volumes répertoriés
Les 22 recueils Impéria regroupent généralement huit fascicules chacun. La série régulière de recueils couvre ainsi les numéros 1 à 176. Les trois derniers numéros ne figurent pas dans les 22 reliures répertoriées par BD-PF.
L’origine anglaise de Navy
À l’origine, Navy est largement constitué de bandes
dessinées britanniques traduites et adaptées en français. Les premières
histoires proviennent surtout de War at Sea Picture Library, une
collection de poche publiée en Grande-Bretagne par Fleetway en 1962 et 1963.
Cette collection anglaise ne comptant que 36 numéros,
Impéria dut progressivement compléter son catalogue avec :
- des récits maritimes provenant d’autres collections britanniques, notamment War Picture Library ;
- des histoires produites spécialement pour Impéria ;
- des récits réalisés par des dessinateurs espagnols et sud-américains travaillant pour les agences européennes.
Les premiers fascicules français reprennent également
plusieurs couvertures de l’édition anglaise. Les douze premiers numéros sont
reconnaissables à leur encadrement décoratif formé de vagues bleues.
Quel type d’histoires trouve-t-on dans Navy ?
Les récits mettent en scène des marins, des officiers, des
sous-mariniers, des commandos et des équipages engagés dans des opérations
dangereuses. Les scénarios tournent fréquemment autour de :
- convois attaqués par des sous-marins ;
- duels entre destroyers et U-boote ;
- missions de torpilleurs et de vedettes rapides ;
- débarquements et opérations commandos ;
- naufrages, sabotages et sauvetages ;
- rivalités entre officiers ;
- sacrifices individuels et actes de courage ;
- combats dans l’Atlantique, la Méditerranée et le Pacifique.
Des titres comme Le Cargo du Diable, Blocus, Destroyer,
Torpilles mystérieuses, Enfer sous l’eau, La bataille de Wake,
Opération Kayaks, Force Z, Fjord en feu ou Les Vedettes
donnent une bonne idée de l’univers de la collection.
Certaines histoires s’inspirent d’événements, d’unités ou de
batailles réelles, mais Navy reste avant tout une bande dessinée d’aventure
populaire, et non une publication documentaire. L’action, le suspense et
les retournements dramatiques priment généralement sur la précision historique.
Les auteurs et dessinateurs
Comme souvent dans les petits formats, de nombreux récits
furent publiés sous la mention générique Collectif, sans crédit
clairement visible. On rencontre néanmoins dans Navy des artistes importants de
la bande dessinée européenne et sud-américaine, notamment :
Hugo Pratt
Avant la création de Corto Maltese, Hugo Pratt
réalisa plusieurs récits de guerre pour Fleetway pendant sa période
londonienne. Deux histoires dessinées par Pratt furent notamment publiées dans Navy
:
- Les
Rescapés, dans le numéro 34 du 25 août 1964, provenant de War at
Sea Picture Library numéro 34 ;
- Soupçons,
dans le numéro 71 du 10 mars 1966, provenant de War Picture Library
numéro 92.
Ces récits permettent d’observer un Pratt encore soumis aux
contraintes du récit de guerre britannique, mais déjà très attentif aux
caractères humains, à la peur, au courage et aux ambiguïtés morales.
Victor de la Fuente
Le dessinateur espagnol Victor de la Fuente, reconnu
pour son dessin réaliste et dynamique, produisit de nombreux récits destinés au
marché britannique. Plusieurs furent traduits dans les publications Impéria,
dont Navy, Rangers, Attack, Panache et Tora.
Juan Zanotto
Le dessinateur italo-argentin Juan Zanotto travailla
également pour Fleetway à Londres. Certaines de ses histoires furent reprises
dans Navy. Son dessin se caractérise par des personnages expressifs, un encrage
puissant et une mise en scène très cinématographique.
D’autres artistes espagnols, italiens, argentins et
britanniques ont participé aux récits, parfois sans être crédités dans
l’édition française.
Les couvertures
Les couvertures constituent l’un des principaux attraits de
la collection. Elles montrent généralement une scène spectaculaire
immédiatement compréhensible :
- navire éventré par une torpille ;
- sous-marin remontant en catastrophe ;
- marin emporté par une explosion ;
- avion attaquant un bâtiment de guerre ;
- combat rapproché sur le pont d’un navire.
Après les couvertures britanniques des premiers numéros, Rino
Ferrari réalisa de nombreuses illustrations peintes pour Navy. Cet artiste
italien fut l’un des grands couverturistes d’Impéria. Ses compositions sont
particulièrement reconnaissables à leur mouvement, leurs explosions, leurs
perspectives dramatiques et leurs couleurs intenses.
N’oubliez pas de remercier…
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