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lundi 13 juillet 2026

SPATIAL 12

 


Spatial N°12 : Panthère rugissante, fables d'anticipation et noirceur politique

Grâce aux précieuses numérisations de notre complice KRAVEN64, nous plongeons aujourd'hui au cœur du douzième numéro de Spatial. Porté par le succès éclatant de sa formule cartonnée — saluée par toute la grande presse nationale —, l'éditeur Michel Deligne livre en 1981 un album d'une richesse thématique et graphique impressionnante, oscillant entre space opera grandiose, fresques historiques et satires politiques acérées.


Acte I : L'écrin de David Higgins et la promesse d'Omega

Pour ce numéro, l'artiste britannique David Higgins signe une nouvelle fois une couverture magistrale et profondément sensuelle. Une héroïne fière et dévêtue y pose aux côtés d'une splendide panthère noire rugissante, au milieu d'une flore exotique flamboyante. À l'arrière-plan, les dômes ciselés d'un palais oriental baignent sous la lueur mystique d'une lune rose monumentale.



Dès la page de garde, le ton de la science-fiction classique est donné par une superbe illustration à l'encrage fouillé de Xavier Musquera, qui annonce en exclusivité l'arrivée prochaine d'Omega, la nouvelle héroïne de la galaxie, prévue pour le numéro suivant. 



Dans son éditorial, Michel Deligne savoure la reconnaissance critique de sa revue et présente les forces vives de ce numéro, marqué par une ouverture vers la politique-fiction et de nouveaux talents internationaux.

Acte II : Miroir social et pop-art cosmique

L'album s'ouvre sur un virage thématique audacieux, bien loin des étoiles :

  • Camp de Réforme B : Scénarisé par le toujours percutant Jan Bucquoye et dessiné par Santi, ce récit de politique-fiction s'ouvre sur un "Bruxelles, demain..." d'une noirceur absolue. Les auteurs y dépeignent une société en crise où les files de chômeurs s'allongent indéfiniment devant des bureaux délabrés, alors que la soupe populaire fait son grand retour sous des cieux lourds de menaces. Un graphisme réaliste et poignant.



  • Le Joueur aux Damiers : Changement radical d'atmosphère avec le troisième chapitre des Chroniques des Temps Passés de Piarrech et Caavatch. Dans une mise en page résolument pop, rythmée par des vagues de rouge vif et des motifs de damiers jaunes et noirs, d'étranges divinités extraterrestres à tête allongée se livrent à des jeux cosmiques scellant le destin de mondes désertiques.



Acte III : Poésie de la solitude et space opera classique

La suite de l'album nous emporte vers des horizons lointains et contrastés :

  • Solitude : Signée Crisse, cette aventure brille par ses superbes couleurs directes. On y suit la dérive mélancolique d'un vieux capitaine spatial à la barbe verte, habitant une petite maison violette juchée sur un îlot de terre flottant dans le vide infini, devenu l'unique témoin d'une supernova ayant balayé son système.

  • Les Dieux : Xavier Musquera déploie la puissance de son noir et blanc dans un récit de pure exploration. Un patrouilleur spatial s'approche d'une planète azurée aux confins d'une galaxie inconnue. Si l'atmosphère y est respirable, les capteurs du vaisseau n'y décèlent pour l'heure que de mystérieuses "formes cérébrales rudimentaires".

  • Zaïnko le Pirate : L'auteur Jodado adopte un style en ligne claire pour nous narrer les frasques de trois planètes pionnières aux réputations interlopes, entre casinos géants et trafics galactiques, où un mystérieux vaisseau de production s'apprête à poser ses trains d'atterrissage.

Acte IV : Honneur médiéval, mysticisme et sombre safari

La dernière partie de l'album confirme l'éclectisme de la revue :

  • Hito le Banni : Le maître Marc Michetz livre une planche d'une élégance rare, portée par un jeu d'ombres et de lumières d'une précision chirurgicale. Au sommet d'une falaise battue par une mer d'encre noire, un samouraï et un moine bouddhiste s'entretiennent du destin des faibles face aux forts, sous la protection des esprits Kami.



  • Ultimato : L'artiste portugais Fernando Clemente surprend son monde avec une œuvre entièrement réalisée au crayon et au fusain. Très texturée, cette histoire plonge le lecteur au cœur d'un rituel tribal nocturne où une entité mystique s'élève d'un brasier face à une lune anthropomorphe.



  • Trop Humain : Xavier Musquera revient pour clore ses récits de patrouilleurs spatiaux, mettant en scène l'approche millimétrée d'un croiseur vers la "Base Bleue" pour une délicate opération de ravitaillement en carburant.



  • Nouvelles du Monde : Porté par le duo Cissu et René, ce court récit en couleurs se veut une satire féroce et grinçante de la haute bourgeoisie. Un milliardaire cynique s'offre une adhésion dans un club très sélect pour participer à un safari d'un genre très particulier au cœur de la jungle : la chasse à l'homme.



Ce douzième numéro de Spatial démontre la maturité éclatante de la revue de Michel Deligne. Capable de faire cohabiter la finesse graphique du Japon médiéval de Michetz, la poésie colorée de Crisse et la satire sociale sans concession de Bucquoye, l'album s'impose comme un jalon incontournable de la bande dessinée adulte du début des années 1980.

Un immense merci à KRAVEN64 pour la mise à disposition 

de ces planches d'une clarté exceptionnelle !



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22 commentaires:

  1. Spatiallement Merci à Kraven64 et Anacho pour ce 12e numéro

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Merci beaucoup à kraven64 et Anacho.

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  5. Toujours au top... Merci pour ce billet.

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  6. Merci à Kraven64 pour ce scan et à Anacho, pour nous dévoiler sa grande passion du Cyber Espace !

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  7. Un tout grand merci a Kraven et Anacho

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  8. Grand merci à Kraven64 et à Anacho.

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  9. Superbe !!
    Merci Kraven64 et Maître A

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  10. Magnifique ! Merci Kraven64 et Anacho

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  11. du Bob et Bobette ici, sur le blog ami de M. A.
    https://seulementbd.blogspot.com/search/label/Bob%20et%20Bobette

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Un petit merci et quelques mots font toujours plaisir, alors ne soyez pas timides ^^