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mercredi 1 juillet 2026

Star Cine Cosmos - 013 - 3h10 pour Yuma

 


Star Ciné Cosmos : Le Mythique Ciné-Roman Entre S.F. et Contrebande de Genres

Bienvenue sur le blog des amoureux du cinéma-bis et des raretés éditoriales ! Aujourd'hui, on s'attaque à un monument absolu, une collection adorée des cinéphiles mais qui a pourtant joué avec les nerfs de ses lecteurs de la première heure : Star Ciné Cosmos.

Dès sa création en mai 1962, la célèbre revue Midi-Minuit-Fantastique (sous la plume de Michel Caen) ne s'y trompait pas en affirmant qu'elle méritait sa place dans la bibliothèque idéale de tout amateur de fantastique. Pourtant, derrière son étiquette "Science-Fiction", la collection a parfois pris des chemins de traverse pour le moins surprenants...

📋 Fiche Technique Globale de la Collection

  • Nom de la publication : Star Ciné Cosmos

  • Éditeur et Directeur : Franco Bozzesi (basé au 93, Via Galla Placidia, Rome, Italie)

  • Représentant en France : CINE-PERIODIQUES (116 bis, Champs-Élysées, Paris 8ème)

  • Rythme de parution : Paraît un samedi sur deux (bimensuel)

  • Durée de publication : 5 ans

  • Nombre total de numéros : 86 numéros

  • Prix de l'époque (1962) : NF 1 (Nouveau Franc) au numéro, abonnement annuel à NF 20,55 (pour le fun j'ai demandé à chatte j'ai péte : En tenant compte de l'inflation cumulée en France depuis 1962, le pouvoir d'achat d'1 franc de 1962 correspond à environ 1,75 à 1,80 € en 2026)

  • Contenu éditorial : Plus de 50 films de Fantastique ou de Science-Fiction publiés au total, mais entrecoupés de westerns ou de films d'aventures historiques.

🔎 Focus sur le N° 13 : "3 heures 10 pour Yuma" (24 Mars 1962)



Le numéro 13 de la collection est le parfait exemple du "gâchis" ou de l'anomalie éditoriale regrettée par les puristes. Comment un chef-d’œuvre du western psychologique de Delmer Daves s'est-il retrouvé au milieu des monstres de la Hammer et des extra-terrestres ?

Quand on regarde la liste des 12 premiers numéros parus (affichée fièrement en page 67), la charte éditoriale est d'une cohérence absolue, enchaînant les classiques du genre : La Conquête de l'espace (N°1), Le Monstre immortel (N°2), Les 27 jours de Sigma (N°3) ou encore Prisonnières des Martiens (N°4). Le lecteur de l'époque achète les yeux fermés.

Puis arrive ce fameux 24 mars 1962. Le numéro 13 déboule en kiosque avec un chef-d’œuvre du western psychologique de Delmer Daves. Cherchez l'intrus !

Mais là où les puristes de la première heure ont pu croire à une erreur d'aiguillage passagère, l'histoire de la revue va prouver que le loup est définitivement entré dans la bergerie. Loin d'être une anomalie isolée, le N°13 ouvre en réalité la porte à une infiltration systématique d'autres genres (western, aventure, drame historique) au milieu des monstres de la Hammer et des extra-terrestres.

L'éditeur Franco Bozzesi va ainsi multiplier les entorses flagrantes à sa propre ligne éditoriale au cours des mois suivants : (quelques exemples)

  • Le N° 14 (7 avril 1962) : L'éditeur récidive immédiatement ! Comme l'atteste l'annonce en page 65, la revue persiste dans le western pur avec Les Relais de l'or maudit (Hangman's Knot, 1952) de Roy Huggins, avec Randolph Scott et Donna Reed.



  • Le N° 21 (14 juillet 1962) : Changement de continent mais toujours aucune fusée à l'horizon avec Tanganyika (1954), le film d'aventures coloniales d'André De Toth, où l'on retrouve d'ailleurs Van Heflin (la star de notre N°13).



  • Le N° 23 (11 août 1962) : La collection s'approprie même la littérature classique avec Les Aventures de Robinson Crusoé (1953) réalisé par Luis Buñuel.



Et la liste n'est pas complète ! Ce "piratage interne transforme Star Ciné Cosmos en un catalogue composite fascinant. Si cela faisait pester Michel Caen dans Midi-Minuit-Fantastique, cela donne aujourd'hui à cette collection un charme rétro unique, témoignant des contorsions de l'édition populaire des années 60 pour maximiser ses stocks de photogrammes.

Pour faire avaler la pilule du sable de l'Arizona aux lecteurs venus chercher des fusées et des lasers, Franco Bozzesi déploie l'artillerie lourde en doublant la dose de S.F. textuelle. C'est un véritable pilonnage d'alibis spatiaux qui encadre l'histoire de Glenn Ford :

  • L'histoire complète du numéro : Exploration dangereuse Dès la page 2, le ton est donné avec le début de cette nouvelle de pure S.F. On y suit les aventures de Fred Rand et Pat Tronton à bord du Little Pony, un astronef qui se pose sur la face obscure de la planète Vénus. Équipés de combinaisons thermiques et de revolvers désintégrants, ils doivent faire face aux mystérieuses « ligrotes », des créatures voraces à l'intelligence embryonnaire qui ressemblent à des singes et détestent la lumière. L'histoire trouve sa conclusion en page 67, se terminant par un traditionnel "la fin au prochain numéro".

  • Le feuilleton en cours : Prisonniers du Cosmos Comme si cela ne suffisait pas, l'éditeur glisse également en page 61 (Capture d’écran 2026-06-06 094925.jpg) le 4ème Chapitre d'un roman en feuilleton de René Sanson. Changement d'équipage mais décor similaire : on y parle de "cosmonef" fendant l'espace à la vitesse de la lumière et de quatre navigateurs plongés en biostase dans un "brouillard vert hibernatique" pendant que les décennies défilent sur Terre.



Cette double béquille littéraire est fascinante. Elle prouve à quel point l'éditeur était conscient du grand écart qu'il imposait à ses lecteurs : pour compenser un catalogue de photogrammes de westerns qu'il devait écouler, il transformait les premières et dernières pages de sa revue en magazine de prépublication de S.F. rétro !

Le Mode Narratif du Ciné-Roman (Exemple de la p. 60)

L'analyse de la conclusion du film (page 60) est un cas d'école du traitement mélodramatique et ultra-bavard des ciné-romans de l'époque :

  • L'omniscience pompeuse du récitatif : Les encadrés narratifs guident lourdement l'émotion du lecteur. On peut y lire : "Un sourire heureux illumine le visage du bandit..." ou encore le très lyrique "Transfigurée par la joie, elle répond à ce geste tandis qu'elle sent une joie immense lui dilater le cœur...". Le texte surévalue l'image pour compenser l'absence de mouvement et de musique.



  • Le découpage dramatique des photogrammes : La page alterne plans larges d'action (le train qui s'éloigne sous les coups de fusil de Dan) et gros plans iconiques sur les visages (Glenn Ford et Van Heflin). Le point d'orgue visuel est la case finale où Alice lève le bras sous la pluie salvatrice qui met fin à la sécheresse de la vallée, scellant le mot "Fin".

  • Des dialogues incrustés à la main : Les répliques sont écrites dans une typographie manuscrite, directement détourées dans les photogrammes.

L'anecdote Bonus : La pub pour le concurrent "sans ciné-roman" !

Amusant court-circuit publicitaire en page 63 : le magazine propose une réclame pour Le Film Illustré. Le slogan ? "Pas de Ciné-Roman mais 6 films nouveaux... qui vous racontent et vous illustrent les derniers grands succès". Une manière de rappeler que dans la jungle des magazines de cinéma des années 60, la guerre du format faisait rage !




Pourquoi c'est culte aujourd'hui ?

Même si la présence de ces westerns au royaume de la S.F. a fait pester Michel Caen et les puristes, le capital historique de cette collection est aujourd'hui inestimable. Star Ciné Cosmos offrait aux cinéphiles une opportunité unique : posséder une trace physique, sur papier, de films parfois invisibles autrement. C'est un catalogue unique en son genre, le témoignage d'un âge d'or de l'édition populaire.


Ce 3h10 pour Yuma est proposé par
ZAPMAN
Merci !!!
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18 commentaires:

  1.   Ah, les Star ciné... cette collection ou plutôt ces collections : tout ce qui nous restait de concret d'un film après la sortie des salles.. Merci pour ce nouveau fascicule !

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    1.   S'il m'est permis : pour compléter cette superbe présentation ainsi que la liste fournie par AMDK5962, on ne saurait parler ciné-romans sans faire mention du site ci-après, à la fois véritable mine de recensement et désespoir de tout collectionneur ambitionnant de tout aligner sur ses étagères. Bravo encore et merci à son valeureux concepteur.
        
            www.cineromans.fr/index.html

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    2. Merci Outlander, et sur mes listes, les liens de chaque série sont en fait vers ce site

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    3. J'ai volontairement omis de mettre le lien de ce site dans la fiche, blogger le considère comme un spam. J'aurai pu le mettre en commentaire mais j'ai oublié, outlander l'a fait donc merci.

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  2. Mille mercis à Anacho et Zapman. Que de souvenirs, et la revue et le film.

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  3. Merci à Zapman et Anacho. Voici la liste de Star Ciné Cosmos, et j'ai mis aussi les autres Star Ciné
    https://fromsmash.com/nJQWv0lQ1E-ct

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  4. Un grand merci à Zapman et à Anacho préfère de loin cette version ci

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  5. Merci Zapman et Anacho pour cette revue.

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Un petit merci et quelques mots font toujours plaisir, alors ne soyez pas timides ^^