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lundi 12 janvier 2026

Arcane, le Grand Sorcier




Retour sur un trésor oublié de l’heroic-fantasy des années 70

À une époque où la bande dessinée explorait encore timidement les terres sauvages de l’heroic-fantasy, un auteur espagnol allait signer l’un des albums les plus singuliers du genre. Publié en 1978 par Dargaud, dans la prestigieuse collection Pilote, Arcane, le grand sorcier rassemble plusieurs récits courts de Jaime Brocal Remohí, figure majeure mais trop méconnue d’une fantasy en marge, brute, viscérale, presque minérale.

Un monde dur, un héros solitaire

Arcane n’est ni un prince en exil ni un élu investi d’une prophétie. C’est un guerrier errant qui traverse un “âge du bronze imaginaire” où règnent tyrans, sorciers, cultes secrets et castes guerrières. 



Ses aventures reposent sur une ligne directrice simple : un territoire opprimé, une injustice flagrante, un sorcier tout-puissant… et la volonté farouche d’Arcane de rétablir l’équilibre, coûte que coûte.

L’album regroupe trois histoires — Le Grand Sorcier, L’Œil de la déesse Isliah et La Chanson d’Ylgrid — qui fonctionnent comme autant de paraboles barbares. Pas de détour psychologique, pas de quête existentielle : ici, l’aventure est reine, directe, taillée au couteau.

Brocal Remohí : un maître du “sword-and-sorcery” européen

Avec Arcane, Brocal Remohí impose un style graphique puissant, charnu, proche de certaines écoles américaines mais ancré dans une sensibilité européenne. Son trait, nerveux et massif, donne naissance à des corps sculptés, des visages noueux, des décors arides battus par des vents mythologiques.



C’est aussi un témoignage précieux d’une époque où la fantasy en BD n’en était qu’à ses balbutiements — avant l’ère des grandes sagas médiéval-fantastiques et des univers foisonnants. Brocal joue encore avec des archétypes simples : le barbare honorable, la magie corruptrice, les dieux oubliés, la lutte du bien contre l’oppression. Mais il y injecte une énergie rare, presque primitive.

Une œuvre “vintage”, brute, mais essentielle

Arcane, le grand sorcier n’est pas une saga complexe. C’est un one-shot, un album unique, qui compile trois récits courts publiés dans la presse française. Pourtant, l’ensemble dégage un charme singulier : celui d’une fantasy sans filtre, où chaque page transpire l’effort, la poussière, la rage et l’honneur.

On pourrait parler d’un “Conan ibérique”, mais ce serait réduire la singularité de Brocal. Son Arcane est moins dominateur, plus errant, presque mélancolique — un guerrier qui n’appartient à aucun royaume mais dont la seule fidélité va à sa propre idée de justice.


Merci aux scanneurs & retoucheurs d'origine !!


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