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vendredi 23 janvier 2026

La fête du slip


Tarzanides inconnus : quand la jungle avait plus d’un roi

Tout le monde connaît Tarzan, l’homme-singe né sous la plume d’Edgar Rice Burroughs en 1912 : un enfant anglais élevé par les grands singes, devenu le seigneur incontesté de la jungle. Et vous, fidèles lecteurs du BD Mag, vous connaissez aussi ses nombreux héritiers de papier : Akim, Zembla, et autres clones musclés publiés à la chaîne dans les petits formats.

Mais la jungle de la bande dessinée ne s’arrête pas à ces figures célèbres. Elle regorge de tarzanides oubliés, parfois éphémères, parfois étonnamment inventifs, souvent improbables… Connaissez-vous Akela, les Jumeaux de la Jungle, Corsak, B’wana le Monstre ou encore Lonely Larry ?

Pénétrons dans cette jungle méconnue, un territoire de papier où l’ombre cache des secrets anciens, où chaque clairière peut révéler un royaume oublié, et où les dangers surgissent aussi bien des fauves que des hommes. Une jungle foisonnante, imprévisible, peuplée de héros tombés dans l’oubli mais jamais à court d’aventures.

Akela – Le seigneur oublié de l’Amazonie



Probablement d’origine espagnole ou italienne, Akela apparaît dans Marco Polo (Jeunesse et Vacances). L’histoire débute de façon très peu héroïque : deux escrocs, Lou Donovan et David Cormoran, sabotent leur propre bateau pour toucher l’assurance… avant d’aller trop loin en volant une pierre sacrée aux Indios. Abandonnés à la jungle, ils devraient y laisser leur peau. C’est là qu’intervient Akela, mystérieux homme blanc vivant parmi les Bataïs. Élevé par Bakuwa, sa mère adoptive, il ignore tout de ses origines malgré sa connaissance de la langue des Blancs. Peu à peu, son passé remonte à la surface : un enfant sauvé au prix du sacrifice de son père, arraché à l’emprise d’un sorcier redoutable. Entre jungle amazonienne hostile, mysticisme et cupidité humaine, Akela s’inscrit dans une veine plus sombre et tragique que bien des tarzanides classiques.

Les Jumeaux de la Jungle – Tarzan se dédouble



Créée aux États-Unis après la perte de la licence Tarzan, la série Jungle Twins (1972-1975) est scénarisée par Gaylord Dubois et dessinée par Paul Norris. En France, seuls trois épisodes paraîtront chez Sagédition dans Kronos. Tano et Kano (Kono et Tono en VO) sont deux frères jumeaux blancs adoptés par Molo, chef de la tribu des Wakondi, après la mort de leurs parents dans un accident d’avion. Mais leur passé les rattrape : ils sont héritiers d’un royaume européen, Glockenberg, et deviennent la cible de révolutionnaires. Enlèvements, amnésie, vallées perdues, monstres préhistoriques et même extraterrestres peupleront leurs aventures. Un tarzanisme décomplexé, oscillant entre feuilleton politique et pulp débridé.

Corsak – Le tarzanide (presque) comique


Créé pour Lug par Maurizio Torelli et Roberto Corbella, Corsak est publié dans Bronco entre 1966 et 1968. Ici, pas de héros trop sérieux : Corsak est blond, athlétique, armé d’un grand arc… mais vêtu d’un short moderne, ce qui le distingue déjà de ses congénères en pagne. Il est entouré d’une ménagerie improbable : Sindra, un tigre placide, Lucrèce, un petit singe chevauchant le félin, et surtout Laficelle, compagnon gaffeur à moustache « salvador-daliesque » qui vole souvent la vedette. Les scénarios sont parfois décousus, le dessin maladroit, mais l’ensemble dégage un charme naïf et presque parodique, comme un Tarzan qui ne se prendrait jamais tout à fait au sérieux.

B’wana le Monstre – Le Tarzan version super-héros

Avec B’wana Beast (1967), DC Comics livre une version très sixties du tarzanide. Mike Maxwell, garde d’une réserve africaine, acquiert des pouvoirs extraordinaires après avoir bu une mystérieuse eau sacrée et reçu un casque lui permettant de contrôler les animaux… et de comprendre leurs pensées. Accompagné de Djuba le gorille, il lutte contre l’exploitation du continent africain et des ennemis high-tech. Entre écologie, science-fiction et super-héros, B’wana le Monstre est sans doute l’un des tarzanides les plus atypiques de cette galerie.

Lonely Larry – L’enfant seul face à la jungle


Publié en Grande-Bretagne dans The Hotspur dans les années 60, Lonely Larry met en scène un garçon de quatorze ans vivant seul sur une île du Pacifique avec Tommy, un toucan étonnamment intelligent. Armé d’une lance et d’un couteau, vêtu d’un pagne en peau de léopard, Larry survit entre Tarzan et Robinson Crusoë, affrontant indigènes hostiles, monstres marins, scorpions géants et invasions de rats. Un tarzanide juvénile, plus vulnérable, mais non moins courageux.

Gorak – Le dompteur devenu homme-jungle


Créé par Raymond Maric et Pierre Frisano, Gorak est publié dans la presse jeunesse française à partir de 1974. Ancien dompteur de cirque, Gorak choisit la jungle amazonienne plutôt que de se séparer de Gip, son guépard, après la faillite du cirque. Accompagné de la trapéziste Diana Marella, il affronte explorateurs sans scrupules et dangers naturels. Particularité notable : Gorak porte… un pantalon. Une petite révolution dans le monde des tarzanides, même si Diana reste cantonnée à un rôle très décoratif.

Djinga Jungle – Le maître asiatique

Avec Djinga, Jean Sanitas et Julio Schiaffino déplacent l’action en Asie. Installé dans un temple de Civa, Djinga combat marchands d’esclaves, explorateurs malhonnêtes et tribus hostiles, entouré de Gurik, colosse philosophe malgré lui, et de Gloop, un ourson inoffensif. Un tarzanide plus mystique, moins animalier, mais fidèle aux grands codes du genre.

Jonny, roi de la jungle – Le retour à la civilisation

Créé en Italie par Guido Buzzelli, Jonny est un roi de la jungle qui parle aux animaux… mais pas aux hommes. Fils d’un naufragé disparu, il est traqué par un héritier cupide, avant de retrouver sa véritable identité. Particularité rare : Jonny quitte la jungle à la fin de son aventure, rompant avec le mythe du seigneur éternel des lianes.

Kado – Le prince animalier



Avatar assumé de Robin l’intrépide, Kado est un tarzanide juvénile publié chez SFPI. Capable de dialoguer avec les animaux, aidé par un léopard, un chimpanzé et un lion, il combat trafiquants et bandits dans une jungle idéalisée, très orientée jeunesse.

Bingo – L’héritier de Pantera Negra


Issu de la grande tradition espagnole, Bingo est le fils de Kongo, seigneur de la jungle. La série mélange tribus fantastiques, cités médiévales et anachronismes savoureux (hélicoptères inclus), dans une veine proche de Tibor. Une œuvre majeure du tarzanisme ibérique, longtemps sous-estimée en France.


Zarawa – Le singe blanc


Enfin, Zarawa, surnommé le « singe blanc », est un européen blond vivant en Afrique, ami des animaux et héros de longues sagas publiées chez Aventures & Voyages. Avec Taky le chimpanzé et Mug le gorille, il affronte chefs despotiques et gorilles préhistoriques géants, dans une série emblématique du tarzanide transalpin.

Un grand merci à Dominik Vallet pour les textes !!!








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